mardi 25 juillet 2017

♪ 59 : Le Septième Sang Blanc Noirci

Si vous vous intéressez aux musiques expérimentales récentes mais que vous n'avez pas envie de vous casser les oreilles, je vous conseille de jeter une oreille à Mono no Aware du label PAN. Seize pistes par dix-huit artistes, des impressions mêlées de paix, de mélancolie, d'anxiété… On peut se laisser bercer, le disque est proche de l'ambient, mais jamais dénué d'une certaine étrangeté. Crépusculaire.

S'il y a une piste qui se démarque vraiment dessus à mes oreilles, c'est celle de Malibu, une artiste française (qui n'a pas encore sorti d'album ni d'EP complet mais qui me donne envie d'en écouter plus) ; cette “Held” me fait penser à un pendant intimiste et peut-être accidentel de la sublime “Batwings” de Coil. La piste suivante d'Yves Tumor n'est pas en reste avec son insouciance ambigue… Toutes ne sont pas aussi mémorables, mais l'ensemble tient très bien la route.




Blood Bitch de Jenny Hval me rappelle un peu ces BDs autobiographiques, « romans graphiques » où des tranches de vie sont racontées de manière très personnelle et un peu fantastique, de petits événements du quotidien qui côtoient des traumatismes et des fées qui sortent des arbres.

Ici, ça prend la forme d'un album avec des vampires. C'est de la pop si on veut. Ça l'est souvent, peut-être parce que c'est une manière simple de raconter quelque chose en musique. Parfois, c'est juste une respiration paniquée sans paroles. La plupart du temps, c'est introspectif, souvent un peu étrange parce que nos pensées sont étranges et qu'il n'y a pas de raison de cacher cela. Sur “The Plague”, ça devient très expérimental et inquiétant. Je viens d'apprendre que Lasse Marhaug (de Jazkamer, un groupe de noise expérimental norvégien) a co-produit l'album, je ne m'y attendais pas du tout, c'est plutôt chouette.

Il y a des gens qui trouvent que Blood Bitch est prétentieux ou immature. Je ne trouve pas ces chansons prétentieuses du tout, au contraire même, et je me fiche qu'elles soient immatures ou non. Jenny Hval me semble faire ce qu'elle veut et ça me plaît.




Il y a au moins deux bonnes raisons d'aimer les Melvins : leur sludge, toujours un peu pareil mais aussi lourd et fiable que la grosse masse en fonte achetée par votre grand-père il y a cinquante ans, et leur goût pour l'expérimentation qui ne se prive d'aucune bizarrerie et va volontiers jusqu'à la trollerie*. (La fantastique coupe de cheveux de King Buzzo n'a hélas aucun effet sur la musique même, mais on peut en parler aussi quand même.)

* Le mot officiel est « trollage » mais c'est plutôt moche comme mot, non ?

Si vous n'avez jamais écouté les Melvins, je recommande toujours Stoner Witch en priorité.

Aujourd'hui j'écoute Honky, à mes oreilles un de leurs meilleurs disques expérimentaux. Ça commence par “They Must All Be Slaughtered”, huit minutes d'ambiance sulfureuse anesthétisante avec un chant de sirène lointain, qui enchaîne abruptement sur une grosse piste sludge qui réveille — puis, pour les habitués qui auraient vu venir le coup, sur la carrément dissonante et bruitiste “Lovely Butterfly”. Après cela, on enchaîne sur les mélanges entre ces trois extrêmes, atmosphères et guitares lourdes, le bidule se construit un peu dans tous les sens mais il tient toujours la route. (Avec plus de cohérence à mon avis que sur Stag, l'album précédent, pourtant mieux noté en général mais qui ne m'accroche pas autant.)

Et comme ce sont les Melvins, après la dernière piste il y a vingt minutes de silence suivies par




On m'a vendu Dog Fashion Disco comme un groupe à écouter pour qui aime Mr Bungle et on ne m'a pas menti.

Adultery se présente comme un plaisir coupable, et c'en est bien un — un album à histoire salement immoral, haut en couleur, jouissif, dérangeant, et sans aller jusqu'aux délires de Mr. Bungle où tout est permis, quand même bien déjanté. Les mecs (pour le coup, c'est vraiment un album de mecs — j'ai grimacé à la fin de “Private Eye” avant d'en rigoler tellement c'est excessif) sont sacrément doués pour écrire des pistes accrocheuses ; le chanteur rivalise avec Mike Patton sur le même terrain sans donner l'impression de le copier (rien que ça, pour moi ça vaut l'écoute). Et l'ambiance est fidèle à la pochette, résolument pulp, avec des tubes rageurs et des mélodies jazzy tropicales. Entre un film de Tarantino et cet album, je choisis l'album. (Aussi parce qu'il y a des films de Tarantino que j'ai plutôt aimés et d'autres que j'ai franchement détestés.)

Il paraît que ce genre peut s'appeler “circus metal”, en passant.




Vaudeview Over for Blackened Tea and Hashishans d'At Jennie Richie est un disque qui gravite autour des collages industriels et dark ambient d'artistes comme Nurse with Wound, mais avec une approche nettement plus sobre. Pas de chaos, pas d'attaques, tout est dans la suggestion ; les arrière-plans intriguent, séduisent, inquiètent, et au premier plan il n'y a rien. Ou plutôt rien que des espaces vides. Parfois, même les arrière-plans semblent coupés ou masqués, comme la percussion sur “Avoid Heavy Rains on Yr Body” (un seul beat qui s'arrête net, bloqué par le silence, et des présences étranges qui passent, menaçantes, autour de lui — c'est d'une absurdité mais aussi d'une noirceur impressionnantes).

Du coup, c'est un album presque vaporeux, mais aussi très réussi.

En y repensant, c'est aussi comme ça que Nurse with Wound était à son meilleur : dans les huis clos dépouillés de Homotopy to Marie ou les drones minimalistes d'outre-monde de Soliloquy for Lilith.




Et puis j'ai beaucoup écouté Balance 007 de Chris Fortier, un des rares double mixes que j'ai pu écouter où les deux disques sont aussi bons l'un que l'autre (il y a même un troisième disque bonus qui n'est pas en reste). Des notes trippantes de house progressive au premier plan équilibrées par de la techno qui apporte un peu d'ombre, c'est relativement sobre sans être austère, très prenant, classique au premier abord mais plus je les écoute et meilleurs je les trouve.

vendredi 21 juillet 2017

Rêves (juin + juillet 2017)

6 juin 2017 : Je suis sur mon ordinateur. J'ai envie de dormir, mais il n'est que 0:10 et il fait encore grand jour dehors… Quelque chose flotte en l'air, vole et tombe sur le rebord de ma fenêtre. On dirait un grand mouton de poussière gris et allongé. Plus tard, il ressemble à une chenille monstrueuse avec une grosse tête. La chenille est dans ma chambre maintenant. Et se met à se changer en une espèce de loutre qui court partout. J'aimerais l'attraper pour la remettre dehors, mais je n'ose pas la prendre avec les mains. Je cherche un filet mais je n'en ai pas.






13 juin 2017 : Je visite Paris.

Il y a une grande place rectangulaire pavée en gris clair, avec plein de bâtiments connus, bien rangés les uns contre les autres. Il y a étonnamment peu de monde.

Je décide d'aller voir la cathédrale Notre-Dame en premier. Je ne sais plus pourquoi, j'ai une discussion/dispute avec le gardien (peut-être parce qu'il y a des gens importants qui visitent et ne veulent pas me voir… quelque chose comme ça).

À l'intérieur, l'horloge a été rénovée, avec un cadran en bleu marine qui indique 24 heures divisées en quatre groupes (comme dans certains pays asiatiques), en chiffres romains argentés — mais en Comic Sans MS, ce qui est assez peu fidèle au style du reste de la cathédrale. Le 6 est indiqué par un Λ. Le cadran indique donc I II III IV V Λ I II III IV V Λ I II III IV V Λ I II III IV V Λ.







13 juillet 2017 : Je suis en voyage en Chine.

Il y a un musée sur la culture Mongole avec plein d'antiquités. Un grand trou en forme de ◇ se trouve en plein milieu d'un couloir, si on ne regarde pas par terre on peut très facilement tomber dedans ; je manque de tomber, ou bien je tombe puis je reviens en arrière avant ma chute. (On voit l'étage inférieur éclairé à travers.)

En passant, mes cheveux frôlent un vase rouge. Le Mongol qui garde le musée (peu sympathique) prend une mine renfrognée et frotte énergiquement le vase pour le nettoyer. Mes cheveux ne sont pas si sales que ça pourtant, je les lave tous les deux jours.

Je sors du musée. Dehors (la rue est assez bondée) il y a un café pour lesbiennes avec comptoir et tables en bambou qui sert du mochi à la vanille dans des assiettes gris clair.

Prétextes d’Itayaxa, Livre XIIV, lignes 66 à 66½

[…]

Agis selon tes convictions, mais aussi contre elles — surtout si tu n’en as pas.

(D’ailleurs, sais-tu bien d'où elles viennent ? On a fait des progrès sur la traçabilité des convictions ces derniers temps, mais c’est fou le nombre de gens qui n’y font pas attention ! C’est le genre de produit dont il est difficile de se passer et qui contient très souvent plein de substances louches et de traces de produits toxiques, en tout petit dans la liste d’ingrédients que personne ne veut lire. Surtout dans les traditionnelles.

Garde toujours un peu de doute sur toi au cas où, ça fait plus de bien que de mal.)

[…]

mercredi 28 juin 2017

♪ 58 : Copies Homothétiques d’Allumettes Lunaires

Xerrox Vol. 1 d'Alva Noto repose sur le contraste entre sons « humains », acoustiques ou simili-acoustiques (je les aurais décrits comme « chauds » si j'écrivais ces lignes en hiver, mais c'est plus possible de donner à « chaud » un quelconque sens positif là) et textures glitch. Ça me paraissait déjà une bonne idée sur papier, mais sur disque, c'est impressionnant : le mec prend trois notes, de la friture, et il en sort une piste sublime.

La série est basée sur l'idée des originaux, des copies et des distortions induites dans le processus ; le thème de ce premier volume est “Old World”, où la musique classique est copiée et déformée dans des mélodies commerciales d'hôtels, d'aéroports et autres chaînes, puis samplées par l'artiste dans une musique dont la beauté ne semble plus artificielle. Le second volume, sous-titré “To the New World”, se rapproche plus de l'ambient classique (le genre que j'appelle “fuzzy ambient”, genre Tim Hecker), avec plus de drones, de densité, moins de dynamisme. Le troisième volume, sous-titré “Towards Space”, contient pas mal de synthés et est inspiré par des bandes son de films de science-fiction. Les trois valent le coup ; il y en aura cinq en tout.

(Petite énigme : que signifient “Haliod” et “Astoria” dans les titres des pistes ?)



Richard Devine a battu Autechre à leur propre jeu. Son EP Richard Coleman Devine commence par du bruitisme glitch organisé sur des rythmes IDM entraînants avec une quasi-mélodie ; suit une courte expérimentation atonale… et si tout avait été de cet acabit, le disque aurait déjà été très bon, mais ensuite les mélodies prennent le devant et ça devient superbe. Tous les éléments sont maîtrisés, l'équilibre entre bruitisme, complexité, mélodies et atmosphères est parfait. Honnêtement, c'est un des meilleurs disques d'IDM que j'ai pu écouter.

(La première édition de l'album avait 리처드디바인 écrit sur la pochette — c'est simplement une translittération en coréen de “Richard Devine”. Les pistes sont sans titre selon toutes les sources que j'ai pu consulter, mais le rip que j'ai téléchargé sur Soulseek avait des titres qui n'apparaissent nulle part ailleurs : 1. Wren, 2. Coleman, 3. Dipole Moment, 4. Coliseum of Couches, 5. Thumbprint et 6. Metravolt. Probablement l'utilisateur qui a eu envie de donner ses propres titres ?)



Je n'avais pas écouté BADBADNOTGOOD jusqu'ici à cause de leur nom ridicule, de leurs titres sans voyelles et du fait que je ne savais rien sur eux à part que c'était un groupe à la mode. Mais , avec cette pochette aussi colorée qu'une glace fusée et add_den qui lui donne un 4/5, j'ai décidé de tenter le coup quand même. J'ai bien fait ! C'est du jazz fusion tout ce qu'il y a de plus cool, mélodique, principalement instrumental sauf quand il y a des invité·e·s, des inspirations soul et hip hop. Rien de très novateur sans doute, mais c'est carrément agréable. Si le refrain de “Time Moves Slow” ne vous vend pas le disque et ne vous reste pas en tête ensuite, vous pouvez passer votre chemin, tant pis — si vous aimez, vous aimerez probablement tout. “In Your Eyes” est particulièrement réussie aussi.



Agglomeration and Homothety d'Acreil est un album d'ambient (?) microtonal, taggé également « algorithmique », « acousmatique » et « génératif ». Deux longues pistes, la première basée sur une série d'harmoniques de 30 Hz, la seconde en 19-EDO. Ça ressemble par moments à du space ambient avec des mélodies minimalistes expérimentales et de jolis effets spatiaux, à un moment la dissonance augmente jusqu'au bruitisme… L'album est difficile à décrire tant il est à la fois planant et étrange, il peut donner des impressions contradictoires et évoquer des images complètement différentes selon l'humeur. Du coup il tient carrément les écoutes multiples. Très bon disque en tout cas.



Matches de Coppice est un disque que j'ai beaucoup écouté avant de pouvoir en parler, ou même d'avoir une opinion à son sujet. Il commence de manière crispante, avec une piste introductive atonale d'une minute et demie suivie par un drone grinçant à peu près aussi agréable qu'une fraise de dentiste ou que des ongles sur un tableau noir (joué à l'aide d'une shruti box, d'un mélodica et de clés en laiton). Si vous tenez le coup, le reste du disque vous proposera d'autres drones et bruits paradoxaux qui pourraient évoquer un orage, une bête qui gronde, un soufflet de fonderie… tout en restant complètement étrangers à toute esthétique habituelle. Le groupe présente l'album comme une histoire à nombreuses pièces manquantes ; je dirais plutôt une histoire écrite dans une langue complètement inconnue, mais pas dénuée de poésie. Primaire voire brutale en apparence, pourtant subtile quand on l'écoute avec attention.



Lunar Phase de Heavenly Music Corporation — un alias de Kim Cascone, que je connaissais surtout par ses disques expérimentaux / microsound mais qui a aussi fait de la musique de films — est un disque d'ambient électronique psychédélique… qui ressemble beaucoup à sa pochette, en fait. Il date de 1995, donc ni ironie, ni nostalgie dans cette image de synthèse un peu basique — imaginez plutôt jouer à un jeu vidéo de l'époque et tomber sur ces paysages-là. Au niveau de l'esprit, ça peut rappeler certains albums de psybient, super planant et agréable. La musique de l'album a été composée à l'origine pour une station de radio japonaise qui diffusait de l'ambient en continu et dont la programmation suivait le cycle des marées ; dommage qu'elle n'existe plus, j'y aurais bien jeté une oreille !

jeudi 1 juin 2017

Jean-Claude Naroutot Contre les Extraterrestres



Nouvelle BD courte ! C'était censé être une parodie d'une certaine bande dessinée asiatique connue, mais au final ça ressemble plus à La Soupe aux Choux, haha (hum). Cliquez ici sur l'image ci-dessous pour la lire !

samedi 27 mai 2017

♪ 57 : Où Vont les Mèches Parfumées des Sages Nymphes de l’Île

J'aime de plus en plus Nicolas Jaar. Sirens, son dernier album, est assez inclassable ; pop mais uniquement par touches éparses, on pourrait y entendre des inspirations de Kid A de Radiohead ou même de certains disques de prog (sans l'extravagance) dans la manière dont les atmosphères et expérimentations prennent le pas sur le chant… On y entend du piano quasi-impressionniste avec des bris de verre, de légères touches de glitch, l'étonnamment rythmée “Three Sides of Nazareth”, la mélodie faussement douce et ironique de “History Lesson” qui tranche avec tout le reste (il faudrait que je décrive “No” aussi mais je ne connais pas le nom de ce style)… Très éclectique mais toujours atmosphérique, mélancolique, épuré. C'est plus un album pour qui aime l'ambient et les musiques expérimentales que pour qui aime la chanson même. À moi en tout cas il me plaît beaucoup !

(Et oui, il existe bien une édition spéciale de l'album avec une pochette à gratter, fournie avec la pièce.)


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+ Et puis il a sorti Nymphs aussi, un cousin plus électronique et plus expérimental, tout aussi bon voire meilleur. Sans rock cette fois (il y en avait un peu sur Sirens), et le chant y est encore plus rare. La plupart du temps, on y explore des limbes semi-électroniques, parfois étranges, souvent très mélancoliques ; on y trouve aussi quelques rythmes électroniques entraînants, comme sur “Swim” et “Fight”. Le meilleur moment du disque est le groove évanescent à la fin de “Don't Break My Love” — à la fin uniquement, ça dure à peine une minute, mais ça suffit à colorer tout le disque.



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L’Ange le Sage de Gaël Segalen se présente comme un album de phonographies qui se dansent, mais ce n'est pas tout à fait comme ça que je les décrirais. Disons plutôt un chaos organisé, où des rythmes et quasi-mélodies émergent au milieu du tumulte — les phonographies sont superposées au point de brouiller les pistes, difficile d'identifier un environnement ; difficile aussi de mettre le doigt sur ce qui donne à la musique son caractère particulier ! Ça me fait un peu penser à ces images accélérées de la vie en ville, où le monde prend des allures étrangères mais où l'on peut repérer des motifs dans la foule, les lumières…


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Fill My Body with Flowers and Rice d'Alice Kemp est un disque qui me fait froid dans le dos. Sept pistes minimalistes, avec une palette de sons maigre mais différente à chaque fois : de l'eau qui coule, des soupirs, du piano, des cris plus ou moins étouffés, des grincements de bois… et toujours des vides angoissants. J'ai pas mal d'autres disques de musique concrète qui jouent uniquement avec des textures, mais ici le but ne semble pas être d'expérimenter avec les formes ou l'esthétique — ce serait plutôt sept chapitres d'une nouvelle sans paroles. Plutôt fantastique ou d'horreur.



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Strands de Steve Hauschildt est un album de synthés modulaires / ambient où l'on peut entendre des influences de Klaus Schulze, de Manuel Göttsching, de l'ambient des années 90 (qui n'a pas évolué tant que ça depuis)… Rien de surprenant au niveau du style donc, c'est planant, agréable et classique — mais à partir de “Ketracel”, on a droit à des moments de beauté mélancolique parfaite. Assez pour que je me surprenne à y revenir encore et encore.

Trouvé sur ce top (des 100 meilleurs disques d'ambient de 2016, excusez du peu).


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Pistachio Island d'Ilkae est un album d'IDM plein de mini-pépites. Une à deux minutes par piste, l'enchaînement a quelque chose de frénétique mais c'est contrebalancé par une impression paradoxale de tranquilité, des mélodies toujours bien présentes et des rythmes plutôt calmes pour le genre… Et en fait on n'a pas l'impression que les pistes soient si courtes, surtout qu'elles ont toutes quelque chose à offrir !

Niveau style, pensez plutôt à Plaid ou Telefon Tel Aviv qu'à Aphex Twin ou Autechre — avec aussi une petite influence de hip hop instrumental et beaucoup de subtilité. Cerise sur le gâteau, l'album est conçu pour être joué en mode aléatoire (testé et approuvé).

À noter qu'un autre artiste, Agargara, a sorti une version remixée intégrale du disque.


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Neroli de Brian Eno est un disque extrêmement minimaliste (plus encore que Discreet Music), je ne savais pas qu'il en avait fait de pareils. Genre une note toutes les cinq secondes, parfois trois ou quatre — assez pour que la mélodie semble toujours sur le point de se déliter et n'être plus que des notes isolées. C'est en mode phrygien (et je crois que c'est ça qui fait que j'aime Neroli alors que je n'aime pas trop Discreet Music). À écouter en arrière-plan. L'autre jour, j'écoutais ça quand il y a eu un orage et une grande pluie qui ont commencé, ça convenait parfaitement.

Une réédition récente ajoute à Neroli un autre disque monopiste, New Space Music, un drone agréable. Dans le livret, Eno fait un parallèle entre l'indescriptibilité des odeurs et celle des timbres sonores et parle de son intérêt pour les parfums.


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Where Are We Going? : Octo Octa a fait son coming out et sorti un très bon disque de deep house, intitulé pour l'occasion. Un album autobiographique, principalement instrumental mais qui prend une autre dimension quand on fait les liens avec les titres (principalement au niveau des émotions, mais il y a aussi par exemple une piste qui évoque la vie de l'artiste à quinze ans avec des samples de musiques qu'elle écoutait à l'époque)… Et c'est un sentiment d'espoir, de soulagement et d'optimisme qui ressort de l'album en entier. Ça fait plaisir à entendre !

Le son rappelle un peu celui de DJ Sprinkles, et je ne dis pas ça seulement à cause des thèmes. Si ça vous intéresse, il y a une conversation entre les deux artistes ici.


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