mercredi 11 avril 2018

Actualités (3)

Même principe que précédemment, à savoir :
1) Se rendre sur un site d'actualités ;
2) combiner des bouts de titres ensemble sans réfléchir ;
3) imaginer et dessiner les événements décrits par le nouveau titre obtenu.
(Vous pouvez cliquer ici pour tout voir en grand !)




mercredi 28 mars 2018

Actualités (2)

Même principe que précédemment, à savoir :
1) Se rendre sur un site d'actualités ;
2) combiner des bouts de titres ensemble sans réfléchir ;
3) imaginer et dessiner les événements décrits par le nouveau titre obtenu.
(Vous pouvez cliquer ici pour tout voir en grand !)




mardi 27 mars 2018

♪ 67 : Sublimation de têtes blessées et coups de cœur autonomiques

“Sticky” était une de mes chansons préférées l'an dernier : syncopée, espiègle, élastique avec un chant en transformation perpétuelle qui ne rate jamais sa cible, une véritable perle. L'EP entier (Crush) est sorti : pas de miracle, “Sticky” reste la meilleure piste dessus, mais “Closer” la suit étonnamment bien en déclinant ce style de r'n'b sur un rythme plus lent et langoureux. Les trois pistes suivantes sont bonnes aussi mais éclipsées par les deux premières ; prenez-vous le single ou l'EP, à vous de voir, mais jetez-y une écoute si vous aimez le r'n'b ! (À noter que tout est produit par Steve Lacy.)




Injuries d'Angles 9 : neuf musiciens dont cinq cuivres, je ne m'y connais pas en big band mais si ça ressemble souvent à ça, il va falloir que je m'y mette. Les deux premières pistes sont bougrement entraînantes, des concentrés d'énergie avec quelques influences folkloriques sur “Eti” il me semble ; on change totalement de registre sur “A Desert on Fire, a Forest / I've Been Lied To”, passage mémorable à travers une nuit si dense qu'on dirait presque du dark jazz. La lumière revient tout progressivement à la fin pour éclairer une scène désolée, et le groupe d'enchaîner, sans que ça paraisse incongru, sur la très dansante “Ubabba”. La piste-titre, plus tard, commence à brouiller les lignes mais garde son énergie malgré le chaos ; et “Compartmentalization” finit sur la note la plus rythmée. Irréprochable, du moins à mes oreilles.




Le trois mars, c'est l'Acid Day, où l'on célèbre le fameux synthétiseur TB-303 qui a donné son son à l'acid house, l'acid techno, l'acid trance etc. (Ça aurait plus de sens de fêter ça le 30 mars du coup, mais bon, les Américains..!) Du coup ce jour-là je me suis fait une journée 100% TB-303. Une recommandation au pif parmi les disques que j'ai écoutés : Off the Leash de Textasy, un artiste qui a le vent en poupe ces derniers temps. “Illusions of the Mind” est un très bel hommage à l'electro de Cybotron qui incorpore une mélodie orientalisante et même à la fin un solo de guitare déformé vers la fin ; l'artiste envoie ensuite de la techno plus lourde mais qui ne manque ni de finesse ni d'une pointe d'humour, comme sur “Acid Bleach (i live with my mom edit)”… et surtout “Bustanut”, hommage à un certain aspect de la sexualité masculine qui dépasse sans difficulté son aspect comique parce qu'elle cartonne sur tous les points.




D'habitude, j'aime tout particulièrement les montées en puissance, mais c'est étonnant de voir à quel point la stratégie inverse fonctionne sur Fabriclive 50: Autonomic de dBridge et Instra:mental. Il faut dire que c'est un mix particulièrement tranquille. Ainsi, les deux artistes commencent tout de suite par un petit bijou accrocheur et mélancolique, “Seems Like” de Riya… et les huit pistes suivantes se déroulent comme une longue coda, rythmée mais surtout atmosphérique, qui évolue si progressivement et de manière si cohérente qu'il faut vraiment tendre l'oreille pour savoir où les pistes commencent et finissent. Pourtant les couleurs changent, tour à tour plus froides, plus calmes… et on se rend à peine compte que c'est de la drum'n'bass, vu à quel point c'est posé. Avant que le souffle ne finisse par retomber, on relance un coup le mix avec un hybride, a capella de r'n'b (chœurs inclus) combiné à des beats d'n'b. La suite alterne joliment entre explorations atmosphériques et hooks parcimonieux qui tombent toujours à point nommé. C'est un des mixes les plus fluides que j'ai pu écouter, qui donne beaucoup sans en avoir l'air.




Alors évidemment, après ça, j'ai écouté l'album de Riya. C'est un album de collaborations dans l'ordre inverse de l'habituel : Riya y assure toujours le chant, mais chaque piste est produite par un autre artiste. Parfois ils s'y mettent carrément à trois, mais il faut être honnête, les beats de drum'n'bass classique, c'est aussi efficace qu'impersonnel ; la plupart des producteurs sont interchangeables, ce sont bien les chansons qui font la différence (et si on se focalise là-dessus, l'album prend presque des airs de r'n'b). Le plaisir d'écoute est là en tout cas.

Là où j'accroche moins, ce sont sur les quelques pistes qui usent de ce son de basse déformé lourd, dissonant et vulgaire (que tout le monde a déjà dû entendre dans le dubstep). Et pourtant… il y a une piste en particulier, “I Don't Need” (co-signée Break), qui ne s'en prive pas mais joue si bien avec les contrastes (piano et basse à mi-vitesse contre progression lente contre synthés et percus frénétiques, chant qui tourne en rond avant de s'envoler contre grosse basse qui tache…) que ça en devient carrément ma préférée. Comme quoi.




Le club expérimental de RYM a ressuscité (et je vais recommencer à parler de mes préférés). Casse-tête de Bernard Bonnier est un album qui prouve qu'on peut donner dans l'expérimentation sans bouder les plaisirs immédiats : chaque piste est un assemblage insolite d'éléments disparates qui confinent à l'absurde, créent ensemble des scènes évocatrices — et surtout sont carrément rythmés. Ça ressemble à certains passages de Nurse with Wound, sans noirceur et sans temps morts. En fait, Casse-tête est meilleur que la plupart des albums de Nurse with Wound.

Dommage que l'artiste n'ait sorti que cet album-là ! Mais il a aussi collaboré avec Pierre Henry, il faudra que je jette une oreille aux disques sur lesquels il a joué.




Non, John Cassavetes n'a pas à ma connaissance composé de musique. Ekkehard Ehlers Plays n'est pas, comme je l'ai cru au départ, un disque d'interprétations (d'ailleurs je me demanderais bien à quoi ressembleraient les partitions de ces musiques !) ; c'est une série d'hommages à Cornelius Cardew¹, Hubert Fichte², John Cassavetes³, Albert Ayler⁴ et Robert Johnson⁵. Et un disque dont on ne fait pas le tour facilement.

Si la première piste de Cornelius Cardew est très belle avec son orgue calme et ses petits sons de-ci de-là, la deuxième exprime ce même calme avec un torrent qui enveloppe (et un sample en arrière-plan que je connais mais que je n'arrive plus à replacer). Les pistes pour Hubert Fichte sont plus étranges et prennent volontiers à rebrousse-poil, en fait la seconde est le seul passage que je n'aime pas sur la compilation. John Cassavetes a droit à vingt minutes de superbe “fuzzy ambient” qui fait partie du meilleur que l'on peut trouver dans le genre, avec une boucle de violon du plus bel effet (que vous reconnaîtrez sans doute) ; pour Albert Ayler, on sort les violoncelles et on glitche tout, et on continue d'enchaîner les surprises jusqu'à la fin.

En cherchant des informations sur l'artiste, j'ai vu qu'il a aussi sorti un album de blues, étudié Theodor Adorno et travaillé avec les Red Hot Chili Peppers (groupe que je n'aurais jamais pensé citer). Éclectique, décidément.

¹ D'après Wikipédia, un compositeur communiste qui renonça à la musique expérimentale en cours de carrière pour se consacrer à une musique politique. ² Écrivain. ³ Cinéaste. Vous, vous le connaissez sans doute ; moi pas encore. ⁴ Jazzman. ⁵ Bluesman. (Heureusement que je l'écris, je me rends compte que j'avais confondu avec Daniel Johnston jusqu'à présent.)

mardi 27 février 2018

♪ 66 : Quatre-vingt-dix images azimutales formées par des isthmes acides

9T Antiope – Isthmus
(Eilean Rec., 2017)
Un duo franco-iranien de musique électro-acoustique avec chant, sons électroniques, phonographies et violon. Si la voix de la chanteuse, harmonieuse et comme suspendue, peut avoir des airs de légèreté, l'environnement dans lequel elle évolue est un tumulte, au mieux simplement agité, parfois violent. Les enregistrements pris dans les deux pays ancrent la musique dans le monde réel quitte à la brusquer (de quoi faire réfléchir à la place de la musique dans le monde ? quelque chose d'intangible, fugace, futile, et pourtant sans ça tout serait tellement plus froid ?) ; le violon, lui, relie les deux et fait autant écho à la sensibilité du chant qu'à la tension et à la violence des éléments plus bruitistes. C'est un élément structurant, parfois il ne fait que renforcer l'anxiété que l'on ressent, parfois il va plutôt du côté de la mélancolie.

Isthmus fait quatre pistes pour trente-cinq minutes ; c'est assez court et je pense que le groupe a encore du potentiel à développer, mais leur son est déjà saisissant.




Kenny Larkin – Azimuth
(Warp, 1994)
Ma meilleure découverte du mois. C'est de la Detroit techno de génie avec des courtes boucles rythmiques (qui me font penser à Robert Hood, dont il faudra que je parle aussi par ailleurs), des développements mélodiques quasi-ambient techno, des pistes à la Carl Craig mais en encore mieux, une ambiance futuriste-spatiale, des polyrythmes et autres expérimentations. Peut-être mon disque préféré du genre pour le moment.

Il paraît que l'album suivant est encore meilleur, je l'écouterai mais j'ai du mal à imaginer.






Kat Onoma – Far from the Pictures
(EMI / Dernière Bande, 1995)
Du rock à écouter la nuit. Avec cette basse qui s'entend parfois plus que la guitare, ces saxophones sur quelques titres, et surtout ce chant mi-parlé mi-chanté, qui sans aller jusqu'à la froideur d'autres groupes français (Diabologum, Mendelson) donne aux chansons une allure introspective. Far from the Pictures joue entre deux pôles, et serait loin de fonctionner aussi bien s'il penchait résolument côté rock (comme sur “Idiotic”, un des meilleurs titres et pourtant tout un album comme ça aurait pu être un peu artificiel ou manquer de souffle) ou côté intimiste (“La chambre”, belle, plus naturelle avec son texte parlé en français, mais tout un album comme ça aurait pu devenir lassant). Rodolphe Burger a un accent français sacrément marqué, qui marche plus ou moins bien selon les pistes mais que j'aime beaucoup en général. (Le rock parlé fonctionne-t-il naturellement mieux en français et le rock chanté en anglais ? Je n'en sais rien.)

(Aujourd'hui je pourrais donc enfin répondre à la question « quel artiste connu vient de votre ville natale ? » sans avoir à rougir.)




808 State – 90
(ZTT, 1989)
C'est vrai que le monde de la musique électronique et celui de la pop ont des conventions différentes, mais honnêtement, 90 cartonne peu importe le barème utilisé. De l'acid house expérimentale et accrocheuse, une idée différente par piste, c'est réjouissant d'entendre ce groupe s'inspirer du hip hop de l'époque (1989) avec des voix de dictée magique, tester des sons orientalisants, sampler Cybotron avec bonheur… il y a peut-être même quelques passages qui annonceraient la trance, mais là je m'avance peut-être un peu. Le tout avec d'excellentes mélodies. Moins de quarante minutes, pas une de gaspillée : un classique.




The Mars Volta – The Bedlam in Goliath
(Universal, 2008)
Cet album est sorti il y a dix ans et je me fiche complètement de ce genre d'anniversaire, mais comme RYM en a parlé pour l'occasion j'en ai profité pour le réécouter aussi. The Mars Volta reste mon groupe de prog préféré, d'assez loin même (à moins de compter Tool dans le genre) ; parmi les  autres grands noms du genre, il y en a quand même un bon paquet qui me laissent de marbre ou me gonflent vaguement avec leurs froufrous et leurs arabesques vaniteuses(*).

Alors que The Bedlam in Goliath, c'est un déluge de tubes. Honnêtement. Il ne laisse pas une seconde pour souffler et est tellement accrocheur que ses 75 minutes passent comme un paquet de cacahouètes, tant pis pour les allergiques ; il ne commence à pêcher qu'à partir de la huitième piste, où certains passages ralentissent le rythme et s'égarent un peu, mais il n'y a pas une seule piste qui n'ait pas son moment fort. Une telle intensité, ça force le respect et surtout ça me fait toujours autant plaisir.

(* Je sais, je dis ça alors que Frances the Mute — que je considère comme un vrai chef d'œuvre — traîne un sacré paquet de passages vaguement atmosphériques que l'on peut en toute bonne foi trouver vains et ennuyeux. Mais ce disque garde sa cohérence à mes oreilles, alors que d'autres passent continuellement du coq à l'âne rien que pour épater la galerie. Genre Close to the Edge de Yes, c'est un très bon disque, mais dont l'ambition principale reste quand même de péter plus haut que n'importe quel cul et qui m'épuiserait s'il durait plus que ses 38 minutes. C'est ce que je ressens en tout cas. Peut-être que mon ressenti est de mauvaise foi.)




Mileece – Formations
(Lo, 2003)
En 2003, la Britannique Mileece Abson sort un petit disque réalisé avec des programmes qu'elle a écrit elle-même et qui s'inspirent de formations naturelles comme la croissance des plantes ou la structure des flocons de neige. Ce qui se traduit par de l'ambient très organique plein de petites touches, des berceuses pointillistes qui font entendre une forme de vie à travers les sons synthétiques ; seule la dernière piste apporte une présence humaine directe, avec du chant et du violon. C'est joli comme tout.

Et ça donne envie d'en entendre davantage, sauf que Mileece est une des artistes les moins prolifiques qui existent ; depuis Formations, elle n'a sorti qu'une ou deux pistes pour des compilations et une installation du nom de Sonic Garden où des senseurs convertissent les données émises par des plantes en sons pour générer de la musique (les visiteurs pouvaient notamment toucher les plantes pour faire de la musique). Ça peut être un peu frustrant, mais à la réflexion je préfère ça aux discographies qui se répandent dans tous les sens au point de décourager.